Flickr/Paulina Krzyżak

Le 26 juillet 2016

Répondre à la haine par l’amour, par le p. Bernard Planche

Chaque jour, le père Bernard Planche vous livre ses impressions, son ressenti, depuis Cracovie.

Elles sont assez diverses. D’abord de la joie, sur RCF on connait. Depuis hier et l’arrivée des jeunes jusque-là dispersés en Pologne, l’ambiance a considérablement changé à Cracovie. Quand je suis arrivé, dimanche, la ville était très calme, comme n’importe quelle ville un dimanche en plein juillet. Puis lundi des groupes de jeunes ont commencé à circuler en ville, de plus en plus nombreux . Du coup la ville a pris des couleurs, ne serait-ce que celles des drapeaux que portés par les pèlerins. J’ai vu des Libanais, des Australiens des Coréens, des Suisses, des Uruguayens et bien sûr des Français avec une particularité pour les groupes bretons qui rajoute une bannière à hermine au drapeau tricolore.

Et tout ce monde chante, applaudit, s’interpelle. Tout à l’heure j’ai vu un groupe d’Italiens qui chantaient à tue-tête « vive la France » au passage d’un groupe de lillois qui s’essayaient, quant à eux à fredonner l’hymne italien « fratelli d’Italia ! » Vraiment il y a une joie de se retrouver, d’être ensemble, d’être là pour vivre ces journées. C’est palpable et communicatif.

Ensuite il y a eu cette nouvelle de l’attentat de ce matin en Normandie. C’est une  jmjiste de Coutances qui m’a donné l’information alors que j’écoutais un concert de musique classique de l’orchestre des jeunes de Pologne sur la grand place. Elle l’avait appris de journalistes polonais. J’ai pleuré, je vous le dit franchement. Pleuré pour ce prêtre, ces chrétiens attaqués alors qu’ils célébraient l’Eucharistie. Pleuré à cause de cette violence, de cette haine, de cette connerie, vous me pardonnerez ce mot, mais je n’en trouve pas d’autre. La tragédie est venue nous rejoindre au cœur de notre joie ici à Cracovie et c’est vraiment dur.

Mais, si vous le permettez, j’ai encore une impression à vous partager. C’est l’espérance. D’abord à cause des jeunes Français que j’ai entendus ce midi sur notre antenne qui parlaient de pardon, de miséricorde, de tout ce dont ils ont réfléchi en préparant ces JMJ, en rencontrant dans les diocèse les jeunes Polonais. Et puis cette prière des jeunes de Rouen avec leur évêque dans la chapelle du QG des français. Ces mots aussi échangé en venant au centre de presse : tout cela disait le refus de la haine, de la vengeance. Pendant la cérémonie d’ouverture on a apporté la croix des JMJ qui parcoure le monde. Le signe de notre foi chrétienne, c’est une croix sur laquelle le Christ a répondu à la violence et à la haine par l’amour. Oui, l’impression qui me reste aujourd’hui c’est l’espérance.