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Le 26 juillet 2016

Une mosaïque de la foi, par le p. Pierre de Charentenay

Ils sont donc arrivés ce lundi de toutes les parties du monde et ont envahi Cracovie.

 

PIERRE_DE_CHA_PORTRAIT_EDITOOn croise des Philippins et des Brésiliens, des Panaméens et des Indiens. Les diocèses de Malte côtoient le diocèse de Parramatta, (voisin de celui de Sydney en Australie). Un groupe de Tanzanie rencontre un groupe allemand. Des évêques et un cardinal américain disent la messe dans l’église Notre-Dame, cette magnifique église de la place centrale de Cracovie. Cette place, le Rynek, où tout le monde se retrouve devient, comme la ville de Cracovie, le lieu de rencontre de tous les pays du monde.

Dans ces temps troublés de violence, il y a vraiment un élan d’espoir et de vitalité dans le rassemblement de cette multitude.

Impressionnante cette mondialisation de la jeunesse, toujours plus vivante, toujours renouvelée depuis les premières JMJ de 1987. Ils viennent des plus lointains horizons de la planète. Ils ont fait 10 à 20 heures d’avion parfois. Ce ne sont pas 10 pays, ou cinquante mais plus de 180 qui sont là. Une mosaïque unique au monde. Nulle part peut-on rassembler une telle diversité sous aucune bannière, sinon celle de la foi, et aujourd’hui celle de la miséricorde. Dans ces temps troublés de violence, il y a vraiment un élan d’espoir et de vitalité dans le rassemblement de cette multitude.

Voilà donc des jeunes mondialisés rassemblés à Cracovie, mais ils ne sont pas tous pareils. Ils ne sont pas standardisés par le développement et la consommation. Ces JMJ ont un caractère particulier que je n’avais pas perçu à Madrid, c’est l’apparition volontairement visible des identités.

Quand elle est ouverte, prête au dialogue et à l’échange, cette affirmation d’identité peut être une source de solidité et de force pour entrer dans la rencontre.

Enveloppés de leur drapeau, brésilien, argentin évidemment, polonais, français, des jeunes veulent montrer qui ils sont et d’où ils viennent. Ce déploiement d’identité a quelque chose de sympathique : voilà qui je suis, et toi qui es-tu ? C’est la rencontre des nations et des cultures. On peut le voir avec inquiétude si cette recherche d’identité devient une volonté identitaire fermée sur elle-même et rejetant les autres. Mais quand elle est ouverte, prête au dialogue et à l’échange, cette affirmation d’identité peut être une source de solidité et de force pour entrer dans la rencontre.

Ces JMJ en sont l’occasion, avec le thème de la miséricorde qui fait le lien entre tous pour former une véritable unité, une mosaïque de la foi.

 


Le p. Pierre de Charentenay, s.j., est consultant pour RCF aux Journées mondiales de la jeunesse de Cracovie.