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Le 29 juillet 2016

A Cracovie, pas besoin de parler la même langue pour partager la joie, par le p. Bernard Planche

A Cracovie, la diversité des langues n’est pas un obstacle à la rencontre. Le billet d’humeur du père Bernard Planche.

 

BERNARD_PLANCHE_EDITOLa Bible nous raconte que voulant conquérir les cieux les hommes voulurent construire une tour immense à Babel, un autre nom de Babylone. La conséquence de leur orgueil fut la discorde et la diversité des langues qui en rendant les communications difficiles rendit la construction de la Tour impossible.

 

L’Esprit saint doit souffler très fort à Cracovie, parce que la diversité des langues n’y est pas un obstacle à la rencontre. Simplement, les discussions prennent un air cocasse: on s’aide des mains, on se livre à de véritable mimes pour faire comprendre. Ainsi une jeune que j’ai vue avant-hier dans une épicerie qui cherchait à acheter du café, faute de se faire comprendre à mimer l’action de tourner sa cuillère dans une tasse avant de s’entendre répondre que café en polonais se dit « kawa ».

Une autre façon de s’en sortir est de passer par toute une succession de langues: un jmjiste français qui voulait entrer en conversation avec un Ukrainien est ainsi passé par un ami qui parlait bien l’anglais qui a traduit à un Polonais qui lui connaissait l’ukrainien.

 

L’italien, dans le milieu clérical est souvent de mise: sans doute sont-ils un certain nombre à avoir fait quelques études à Rome. L’anglais demeure cependant pour la plupart l’idiome le plus utile. Quelques phrases reviennent sans cesse: « Where do you come from? » D’où venez-vous? « What is the price? » Quel est le prix? ou « Where are the toilets? » … qu’il n’est peut-être pas utile que je traduise mais dont la réponse urge parfois.

En revanche nous constatons combien la francophonie est en recul: mis à part les ressortissants des pays réellement francophones, ils sont bien peu à parler la langue de Molière. Seuls quelques expressions surnagent: « Vive la France », « Bonjour », « Comment ça va? » et « comme-ci, comme-ça ».

 

Et puis par moment les mots importent peu, les sourires, les bras qui se lèvent, les chants, les embrassades, les rondes qui se forment… Hier lors de la rencontre avec le pape, ou lors de la messe d’ouverture, la communion dans la foi et dans la joie vaut tous les discours.

 

C’est un jour spécial en France aujourd’hui, avec ce temps de jeûne et de prière. C’est un jour spécial aussi ici à Cracovie tout spécialement pour les Français. Dans notre malheur, il est bon que des jeunes croyants puissent donner l’exemple que l’on peut s’aimer au-delà des différences.

Aujourd’hui, Cracovie, c’est l’anti Babel: nous savons que le ciel est descendu parmi nous et nos différentes langues ne sont plus un obstacle.

 


photo ©Światowe Dni Młodzieży Krakow 2016